Théories sur le subconscient

28 nov

J’imagine mon subconscient comme un être à part entière, une personne douée de désirs et d’aspirations au même titre que ma conscience. Selon les versions et hypothèses scientifiques, il occupe en fait les 9/10 de notre activité cérébrale. Alors certes, nous sommes aux commandes du plus clair de nos capacités motrices, mais le subconscient, lui, tient les rennes pour tout le reste. Et tout le reste, ça fait beaucoup quand on sait que ça réprésente 9/10 de ce qui se passe dans notre petite tête. Mieux vaut donc avoir son subconscient de son côté.

Quand on y pense, il y a beaucoup de choses, du fait de nos deux bras, de nos deux mains, de nos deux jambes et de tout ce qu’on a sous notre contrôle, que l’on fait et qui peuvent déplaire à notre subconscient. En d’autres termes, nous agissons sans le savoir, contre lui. Et il nous le rend bien: notre manque de confiance en nous, nos phobies et nos traumatismes les plus enfouis nous affectent tout particulièrement. Et pourquoi? Parce que notre subconscient en a décidé ainsi.

Si chacun d’entre nous est à la recherche d’un ennemi à blâmer pour une vie qui ne nous convient pas, c’est bien lui. Mais ne nous-y trompons pas: bien que mal perçus, les messages qu’il nous envoie ne sont jamais vains. Ils sont, à l’image de coups de burin dans un bloc de marbre, ce qui nous sculpte et nous façonne tels que nous devons être. Il ne tient qu’à nous alors de donner à ces coups la précision et l’intensité nécessaires à la création d’une œuvre dont on peut être fier.

” Il ne tient qu’à nous alors de donner à ces coups la précision et l’intensité nécessaires à la création d’une œuvre dont on peut être fier. “. Si je cite cette dernière phrase immédiatement après l’avoir dite, c’est bien évidemment pour souligner son caractère ô combien relatif et contestable. Ce que je dis ici, c’est que dans ce combat qui nous oppose à notre subconscient, nous, à savoir notre partie consciente, sommes la partie en mesure de faire un premier pas vers la paix intérieure. Et s’il est difficile de faire le vide dans un monde ou la pression sociale et médiatique nous conditionne autant en fond et en forme, je n’aurai qu’une simple chose à ajouter: pensez-vous sincèrement que ces conventions vous mèneront au bonheur authentique? Permettez-moi d’en douter.

Facettes de la captivité-spectacle

15 oct

Je pensais, au détour d’une divagation, à ces jungles d’artifice qui, le temps d’un week-end, viennent égayer le quotidien du grand public. De grands singes qui paressent à l’ombre d’un noyer et qui, nonchalants à souhait, semblent porter sur leur visage une tristesse de marbre, siègent là, derrière de lourds barreaux de fer, à purger une peine digne de celles des plus grands criminels de ce monde. Voilà là tout notre égard pour ceux qui partagent avec nous le plus clair de leur arbre généalogique: une captivité à vie dans une prison qui, avec les années, a vu ternir peu à peu sa belle peinture dorée.

Dans un élan d’empathie ou de sympathie authentique, on peut alors s’imaginer de l’autre côté du rideau. A travers cette sombre barrière impénétrable, la lumière passe avec une facilité presque insolente, alors que quelques mètres seulement nous séparent du monde extérieur, de la “vraie vie”. Derrière cette barrière, des inconnus vont et viennent à longueur de journée. Ils nous admirent et nous méprisent tout à la fois.

Qu’aurions-nous en tête, nous, humains, si nous devions un jour nous retrouver à cette même place? Légitimerions-nous notre captivité au nom de la descendance, afin de nous prémunir au mieux de la menace d’extinction? Probablement: c’est bien l’Homme lui-même qui s’est, au fil des siècles, rendu captif pour sa survie d’innombrables normes sociales, lois et autres conventions contre-nature. Mais rien ne nous empêche malgré tout, au sein même de notre belle prison sociale, de nous indigner par moments de ces quelques failles que comporte notre culture: car il apparaît alors l’indifférence existe fondamentalement, et qu’en aucun cas, elle n’est qu’une simple affaire d’hommes.

La mort du vécu

8 oct

On aurait dit un dieu, car en apparence, il avait tout d’une entité divine. Il balayait d’un bras les armées les plus vaillantes du monde, et faisait d’un seul pas trembler la Terre toute entière. D’un souffle un seul, il aurait pu attiser les feux, à un point tel qu’on y aurait aisément pu surpasser l’Enfer. Mais dans toute sa colère, dans toute sa gloire, il n’inspirait que peur et désolation. Il donnait lieu sans le vouloir aux premiers instincts de la révolution.

Des siècles plus tard, bien loin de l’âge d’or de la répression légitime par nature, la tyrannie a revêtu peu à peu un visage humain. Si ces fourmis humaines ont jadis lutté courageusement contre l’oppresseur jusqu’à y laisser leur vie, c’est aujourd’hui leur propre survie qui prévaut sur leur honneur. Pire encore, chacune de ces fourmis contribue sans le savoir à la reconstruction du Grand Tyran…

On ne triomphe pas d’un tel colosse comme on triomphe de la simple adversité. C’est là l’un des revers de la mise en commun des forces ayant pour but une même finalité. Une fois venue l’heure de la victoire, les esprits se dissipent et retournent innocemment vaquer à leur propre intérêt. C’est ainsi que, d’une paix construite à la sueur de générations entières, d’une paix qui n’a laissé de son passé noir que de funestes écrits, émerge lentement une paix matérialiste faite d’individus indifférents.

Alors que reste-t-il à contester, lorsque l’on a compris et admis que l’humanité a atteint là un point de non-retour ? L’Amour, comme certains pourraient le clamer bien naïvement. Car l’Amour n’est qu’au fond que compensation des lacunes de l’égo, qu’une simple entité immatérielle demeurant bel et bien entité. Qu’y a-t-il de beau à souhaiter s’accomplir auprès de l’autre ?  Non, assurément, ce n’est pas l’Amour qui sauvera l’Humanité. Au mieux, il permettra dans ses ersatz de montrer à l’Homme quelle sera sa fin.

Culture délinquante

28 août

 

De la culture pour la jeunesse? ” Très peu pour nous! ” pourrait-on traduire leur réponse dans un langage presque perdu. Car oui, le Français semble plus que jamais être en passe de devenir une langue morte. Après l’avènement d’une culture SMS qui justifiait les quelques premières entorses orthographiques par la contrainte temporelle, une nouvelle tendance semble s’instaurer, avec cependant des ambitions beaucoup plus durables, et des motifs beaucoup moins légitimes.

Le SMS, le gain de temps, la volonté d’aller plus vite dans un mode de communication déjà poussé à l’extrême, tire sa légitimité de la société dans laquelle nous vivons. De nos jours, la vitesse de transmission et d’échange d’informations constitue un réel avantage compétitif, et ce quels que soient les agents en question. De notre réactivité dépendront le succès de nos investissements, la pérennité de nos relations avec les autres, bref, toute une longueur d’avance sur nos éventuels concurrents.

Ainsi, à en écouter ceux qui cherchent à justifier leurs barbarismes répétés, il n’est là que question de gain de temps, rien de plus. Une question de survie, pourrait-on presque extrapoler. Dans ce cas, aucune raison de s’alarmer: l’abréviation utilisée ne serait au fond que l’image de l’expression correspondante, dont l’orthographe correcte est parfaitement connue de ceux qui l’utilisent. Mais ce serait se tromper que de penser qu’il y a là une stratégie à l’œuvre. Moi-même, je me surprends parfois à employer l’infinitif de manière totalement inadaptée. Mais si je sais que je me trompe, si je suis en mesure de déceler mon erreur presque immédiatement après l’avoir commise, il n’en demeure pas moins que l’erreur a bel et bien été commise. Il y a, quelque part dans mon inconscient, une partie de moi qui a adopté un comportement conforme  à la norme commune à ma génération.

Mais le plus grave n’est pas là. Certes, l’excuse du gain de temps peut être invoquée de manière tout à fait légitime, mais elle est, à mon sens, employée bien trop souvent à tort et à travers. Il y a l’inattention d’une part, le gain de temps d’autre part, et puis, il y a cette troisième variable que l’on oublie trop souvent: l’ignorance. Tout se passe comme si, conscients de notre propre ignorance, nous revêtions une façade d’érudit pour nous prémunir du jugement d’autrui. Nous préparons les arguments nécessaires à défendre notre intégrité, notre image, quitte à cultiver cette ignorance.

Alors ignorance est-elle nécessairement synonyme de bêtise? Il serait pour le coup bête de le croire. A l’ère où le codage s’est étendu à bien plus qu’à la protection de données gouvernementales top secrètes, il est devenu tout naturel, à force de ne plus appeler un chat un chat, d’en oublier les origines. C’est l’usage qui veut que des mots se voient modifiés durablement, que les codes remplacent petit à petit l’objet initialement codé.

Mais c’est au final toute une autre culture qui se développe, faite principalement d’une conscience presque simpliste de la vanité de la vie. Son incompréhension constitue-t-elle pour autant un handicap? En tout cas, il semblerait qu’elle tende à vider de leur sens les mêmes grands principes que cette jeunesse revendique haut et fort. Car que reste-t-il ne l’honnêteté, de la modestie ou encore du respect d’autrui? Au moins des mots qui ont été relativement épargnés par la simplification orthographique.

L’Ego-système, ou la coquille vide d’un phénomène

17 juil


Comme d’une belle idée, l’égo, propre de l’ homme, se veut aussi noble que son œuvre dans son intégrale entité. Il différencie ce dernier de l’animal, du pur esprit, ou même, d’autrui. Il est la source même du progrès personnel et collectif, car il pousse quiconque en est doté à agir selon une ligne de conduite spécifique. Ainsi, sans céder aux pulsions, l’égo permet à l’homme de ne pas perdre de vue ses objectifs, et de pouvoir, aux dépens parfois de l’instant présent, s’accomplir sur le long terme.

Quelle belle invention, l’égo, cette entité qui vous élève et vous fait survivre au temps qui passe. Quelle belle idée que de s’accorder à chacun traits de caractère et spécificités, ce qui a pour vocation et pour effet de rendre chaque membre de la collectivité indispensable à sa manière. Oui, bravo, Homme, tu as su t’émanciper de ton animalité. Mais regarde où tu en es arrivé…

L’égocentrisme, l’égoïsme ou encore le narcissisme sont de bien vieux concepts, déjà maintes fois condamnés en leur temps. Là où les choses deviennent inédites, c’est au niveau du phénomène d’ultra-informatisation de la société, et de facto, des interactions entre les membres qui la constituent.

Je dénonce ici l’un des nombreux effets pervers du progrès. Ce beau progrès, qui nous promet un jour d’éradiquer la faim dans le monde, nous offre pour l’heure un bien déplorable spectacle: celui de hordes d’individus anonymes ne cherchant même plus à s’accomplir, qui, en se “prenant pour”, évincent d’un revers de clic l’ensemble des étapes intermédiaires qui auraient dû, en toute logique, les mener à la hauteur de leurs prétentions.

A blâmer parmi d’autres: l’essor et le développement exponentiel des plateformes d’expression, ainsi que la toute puissante société de consommation. On pense, on s’exprime, on débat, on apprend d’un côté, et de l’autre, on s’affiche, on s’expose, et même, on s’impose, on cherche à tout prix à se vendre aux autres à coups de Photoshop et autres artifices mis à notre disposition pour transformer l’information légitime en vulgaire spam. Car oui, le progrès a semble-t-il permis à l’homme de prendre sa revanche sur sa condition, et de dompter habilement cette image dont il a tant été victime, des siècles durant. En d’autres termes, l’homme croit aujourd’hui avoir réussi à triompher de la subjectivité de ses pairs. Alors, dans sa grande bonté, l’individu des temps modernes cherche à partager avec vous cette vision qu’il a de lui-même, mais surtout à vous épargner toute réflexion futile, potentiellement susceptible de  jouer en sa défaveur. Ne le jugez pas: contentez-vous de gober passivement les qualités qu’il cherche à afficher.

Alors, de quoi doit-on parler? S’agit-il là d’un simple mal-être dû à la transition entre deux ères? Ou alors, doit-on plutôt y voir le syndrome d’un malaise beaucoup plus profond? Et si le désenchantement du monde avait finalement atteint son paroxysme, à tel point qu’aux concepts Freudiens du ça, du moi et du surmoi, viendrait soudain s’ajouter une quatrième entité: une image de soi que l’on affiche à outrance à travers nos différents profils et pseudonymes, que l’on cultive avec ardeur et que l’on dore et redore à gré, et qui, petit à petit, nous dépossède complètement de notre identité et de tout ce qui nous caractérise en tant que personne?

Et si le progrès était en train de réduire à néant l’œuvre de plusieurs siècles de développement social? S’il avait finalement fait de l’altruisme, de la modestie ou encore de l’authenticité, de simples façades sans le moindre fond? Le jeu n’en vaudrait, à mon sens, pas le coup.

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Le matin

2 avr

Le matin se lève, tel un soleil qui vous éblouit. Doucement, il vous murmure à l’oreille qu’est venue l’heure de vous réveiller… Mais il est trop tôt. Beaucoup trop tôt, et toujours trop tôt. Il est pourtant des seuls qui vous ménageront aujourd’hui, et très vite, il s’en ira, tout comme vous, alors que vous prendrez votre petit déjeuner, alors que vous partirez travailler.

Il est de ces jours comme ça où vous ne pensez à rien. Votre journée, elle défile sous vos yeux comme un film, et vous observez, passif, l’ensemble de l’histoire, son dénouement, sa fin. C’est triste comme le temps passe, sans que pour autant, rien ne se produise. C’est comme si l’on vous volait un temps précieux, ou comme si vous preniez soudain conscience que vous n’aurez jamais assez de temps pour accomplir ce à quoi vous aspirez. Le plus drôle dans tout ça, c’est que vous n’avez que vingt ans.

Alors vient le soir. Le soleil se couche, vous dit au revoir et, dans toute sa bienveillance, vous abandonne un temps au mystère de la nuit. A nouveau, les yeux fermés, vous rejoignez une autre réalité. Et tout va bien, tout va bien… Tout va bien. Le réveil sonne, et vous ouvrez les yeux, lentement, péniblement… C’est le matin qui est venu vous rechercher.

Slipping Away – Moby

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